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Super Mario Party

Qui ne connaît pas Mario Party ? A moins d’avoir été cryogénisé dans les années 90, il est peu probable que la série, âgée de plus de deux décennies, qui a quasiment inventé le genre du Party Game soit passée sous votre radar. A la fois fédératrice et briseuse de liens sociaux (un peu comme Twitter), ce Jeu de l’Oie tuning à la sauce Nintendo vous propose de pratiquer l’ignominie entre amis sur des plateaux truffés d’interactions chaotiques et lors de courtes épreuves variées pas moins bordéliques. Ayant bouleversé ses fondations avec les deux opus précédents pour un résultat en demi-teinte, cet épisode sobrement intitulé Super Mario Party se paye une petite remise à zéro des compteurs et en profite pour revenir à ses fondamentaux. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, Mario Party est de retour.

A star is (re)born

Quiconque a bien fait ses devoirs et consulté notre test du sympathique mais pas fou Mario Party 10 (trouvable ici, lisez-le, ça rend beau et intelligent) le saura : lors de ses dernières itérations développées par Nd Cube, la formule a fini par s’essouffler, sclérosée par un rythme anémique, des mini-jeux en déficit flagrant de folie et une implication de ses participants réduite à sa plus simple expression. Fort heureusement, pour ce nouvel épisode sur Switch, on oublie tout et on revient aux bases de la franchise. Sans trop de regrets, on saluera poliment les étranges spécificités des derniers opus, comme les déplacements communs sur des parcours linéaires, les poussières d’étoiles et l’absence d’épreuves opposant les joueurs à chaque tour. Avec Super Mario Party, on renoue avec les joies du terroir, et franchement ça fait du bien.

Ma bonne étoile

Attaquons notre sujet du jour par ses fondamentaux, en l’occurrence le mode “Mario Party”. Les habitués des anciens volets retrouveront sans aucun mal leurs marques, tant Nd Cube semble s’être appliqué à reprendre les éléments ayant fait leur succès. C’est donc le retour fracassant de la course aux étoiles, des plateaux plus ou moins circulaires et des déplacements individuels. Les mini-jeux reprennent également la place centrale qui était la leur en survenant de nouveau implacablement à la fin de chaque tour. Finies, les apparitions plus ou moins aléatoires et les parties entières où l’on n’avait droit qu’à quatre ou cinq épreuves. Avec cette fréquence beaucoup plus soutenue que précédemment, on est en droit de penser que la nouvelle sélection de jeux risque de lasser à terme, mais cette cuvée 2018 est un excellent cru, certes très conventionnelle, mais variée, bien exécutée, laissant finalement assez peu de place au hasard et exploitant les spécificités des joycons de façon satisfaisante. Au chapitre des nouveautés, on note l’apparition des dés spéciaux, propres à chacun des personnages jouables, utilisables à chaque tour en lieu et place de l’habituel dé à six faces. Assurément une bonne trouvaille qui pimente les parties en y ajoutant un soupçon de contrôle des scores. Dans le même registre, les alliés, obtenables en s’arrêtant sur une case spécifique ou en utilisant un objet dédié, mettent leur dé spécial à votre disposition et gonflent vos scores lors des lancers de dés et vos rangs lors de certains mini-jeux. Globalement, c’est toute la physionomie des anciens Mario Party que l’on retrouve,  avec tout ce que ça sous-entend de coups en traître et autres croches-pattes vicieux. On pourra grogner devant le manque d’audace de cette recette éprouvée et à faible teneur en prise de risque, mais elle reste d’une efficacité redoutable entre potes.

Starmania

Malgré son académisme assumé, Super Mario Party ne s’est pas ramené la bouche en cœur sans rien de plus dans son escarcelle. Outre l’habituel « Mario Party« , quatre autres modes viennent pimenter l’expérience. A commencer par le dénommé “Mario Party en duos”, sorte de relecture du mode classique, mais avec plusieurs petits twists. Comme son nom l’indique, il se pratique en binôme, avec mise en commun des objets spéciaux, pièces, étoiles et même des scores lors des lancements de dés simultanés. L’emphase sur l’aspect collaboratif ne s’arrête pas là et va jusqu’à opérer un remaniement des règles, favorisant la mise en place de stratégies au sein d’une équipe. Les terrains de jeu sont également structurés assez différemment, autorisant des déplacements multidirectionnels et non plus linéaires. Au final, l’expérience s’avère assez différente, plus complexe, et rafraîchissante lorsqu’il s’agit de varier les plaisirs. Un excellente alternative. L’“Excursion en Rafting” joue quant à elle la carte de la coopération à quatre et propose à ses participants, embarqués à bord d’un pneumatique, une course contre la montre le long d’un fleuve pas vraiment tranquille. Tout le sel de cette configuration repose sur la coordination des coups de pagaies afin d’éviter les nombreux pièges et d’éclater des ballons qui déclenchent une épreuve collaborative permettant de grappiller quelques précieuses secondes, cruciales pour espérer voir la ligne d’arrivé du périple. La “Scène rythmique”, elle, fait la part belle aux mini-activités liées à la musique et donne une bonne occasion de se flinguer les articulations dans la joie et la bonne humeur à coups de reconnaissance des mouvements. Enfin, côté plaisir solitaire, la “Route des défis” devrait rassasier ceux qui ambitionnent de s’adonner aux diverses épreuves en solo en y ajoutant quelques conditions de victoire supplémentaires.

Party en sucette

Malheureusement, si sur le papier cette profusion de variantes semble avoir assez de répondant pour faire de ce Super Mario Party le pinacle de la série, à même de combler les cœurs des enfants de 7 à 77 ans, force est de constater que chacune d’entre elles est finalement radine en contenu. Les modes “Mario Party” et “Mario Party en duos” ne proposent que quatre scènes de jeu étriquées, et les trois autres se bouclent au mieux en une petite poignée d’heures, les sommets de l’indécence étant atteints par la “Scène rythmique”, qu’on aurait adoré pouvoir aimer plus, uniquement dotée de trois variations d’une durée de quelques minutes chacune. Et ce ne sont pas les quelques jeux supplémentaires cachés qui changeront la donne, tant ces derniers sont anecdotiques malgré de bonnes idées. Frustrant, pour quiconque destine la cartouche à bien plus qu’une petite sortie ponctuelle de temps à autres quand des potes passent à la maison. D’ailleurs, puisqu’on parle de pratiquer le jeu en  local, il faut aussi savoir que s’il est possible de jouer en ligne, cette fois-ci, cela ne se cantonne qu’au seul mode “Mariothon”, succession de mini-jeux. Incompréhensible.

Conclusion

Que reste-t-il de ce Super Mario Party quand on doit le résumer en quelques lignes ? Si le retour des mécaniques à l’ancienne est une excellente nouvelle, tant les épisodes 9 et 10 étaient soporifiques et dénués d’implication réelles pour les joueurs, le Party Game de chez Nintendo pêche néanmoins par avarice. Globalement très accessible, fun et pourtant pas si radin en modes de jeux et en idées astucieuses, la faible quantité de plateaux disponibles reste frustrante pour ceux qui auraient eu envie d’enchaîner les parties. Toutefois, le retour des étoiles et des déplacements individuels, sonnant le grand comeback de la stratégie et des grosses béquilles dans les pattes des “amis”, couplé à une cuvée de mini-jeux de bonne facture permettent à cette nouvelle itération de se hisser à un niveau tout à fait acceptable. Vous pouvez remballer les fourches et sortir les cotillons.

 

Trailer du jeu :

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